Par Sylvie Geiger, Docteur Vétérinaire, pour Chezmonveto
Chaque espèce a des caractéristiques physiologiques propres qui influencent directement son régime alimentaire. Le cochon d’Inde (Cavia porcellus) est un rongeur herbivore strict, monogastrique simple, qui se nourrit d’une grande variété de légumes, de fruits et de verdure.
Contrairement au hamster, il ne possède pas de bajoues et son estomac a une capacité réduite. Il passe donc beaucoup de temps à manger et grignoter (42 % de son temps) et a en permanence une bouillie alimentaire dans la bouche. Les repas devront lui être proposés en 2 ou 3 fois par jour minimum.
Le cochon d’Inde est une espèce néophobe, c’est-à-dire qu’il n’aime pas beaucoup la nouveauté. Il faudra donc lui proposer des choses différentes dès son plus jeune âge pour l’habituer et proposer les nouveaux aliments plusieurs fois en petite quantité avant qu’il ne les goûte. Il faudra également faire attention à ses habitudes d’abreuvement et à son environnement et éviter tout changement brutal. Par exemple, avant de changer une gamelle d’eau par un biberon, il faudra lui laisser le biberon quelque temps et s’assurer qu’il l’utilise avant de supprimer la gamelle d’eau. Il a besoin d’un apport hydrique de 100 mL/kg / jour.
Le cochon d’Inde produit une centaine de crottes par jour, elles sont de forme régulière et fermes. N’oubliez pas de surveiller leur aspect et leur quantité, une modification de quantité ou d’aspect peut être un signal d’alerte sur la santé digestive de votre compagnon. Le cochon d’Inde est également coprophage, c’est-à-dire qu’il avale une partie de ses crottes, directement à l’anus. Cela lui permet une meilleure assimilation de certains nutriments comme les vitamines B et K et un renouvellement de la flore bactérienne.
❖ Foin (ou herbe) obligatoire !
Le cochon d’Inde est un aradiculaire hypsodonte, c’est-à-dire que ses dents n’ont pas de racines anatomiques et qu’elles croissent en continu tout au long de sa vie. Elles sont adaptées à la découpe et au broyage des végétaux. L’herbe ou le foin grossier, riche en cellulose est un aliment obligatoire pour les cochons d’Inde. Le foin est abrasif et faible en calories, de plus, les fibres qu’il contient permettent de maintenir le transit intestinal. Il faut laisser au cochon d’inde du foin à volonté, il en ingère chaque jour l’équivalent de la moitié de son poids. Pour choisir du foin, il faut prendre un foin odorant, vert, peu poussiéreux. Attention au foin de luzerne, riche en calcium. Il est recommandé durant la gestation, la lactation ou la croissance, mais en dehors de ces périodes, il peut accroître le risque de calculs urinaires. N’oubliez pas de retirer le foin non consommé, mouillé ou souillé.
❖ Apport de Vitamine C vital !
Le cochon d’Inde, tout comme l’humain, n’est pas capable de synthétiser la vitamine C, il doit donc en consommer dans son alimentation. Ses besoins sont de 10-20 mg/ kg/ jour et peuvent être triplés lors des phases de croissance, gestation, lactation ou convalescence. La vitamine C a un rôle important dans la croissance musculaire, articulaire, dans la lutte contre les infections et la thermorégulation. Si le cochon d’Inde n’en consomme pas ou en trop faible quantité, il devient rapidement malade. Il est important d’en donner quotidiennement. On en trouve dans les fruits et légumes frais, sous forme de gouttes à mettre dans l’eau de boisson, en comprimés à croquer et dans les granulés supplémentés.
❖ Verdure bienvenue !
Les cochons d’Inde sont des animaux gourmands, en leur donnant une ration ménagère à base de fruits et légumes variés, outre de leur apporter des bienfaits nutritionnels, vous leur garantissez un plaisir important. Il faudra prendre garde cependant aux plantes riches en calcium ou en acide oxalique (fanes de navets, blettes…) qui peuvent entraîner des problèmes urinaires ou trop sucrées (betteraves) surtout chez les cochons d’inde en surpoids. Attention également aux plantes toxiques (ail, oignons, poireaux…).
Les légumes et fruits non consommés doivent être retirés tous les jours. Quand vous introduisez un nouvel aliment, faites-le de manière progressive en commençant par une petite quantité. Il est conseillé de donner entre 100 et 200 g de fruits et légumes frais par jour.
Exemples de fruits, légumes et verdure pouvant être donnés quotidiennement : concombres, courgettes, pissenlits, plantain, aubergine, poivrons rouges et verts, fenouil, radis, fraises, framboises, kiwis, abricots, coings, herbe, menthe…
❖ Granulés avec modération
Les granulés (ou extrudés) sont souvent riches en vitamine C et permettent un apport complémentaire, cependant il n’est pas recommandé de laisser les granulés à volonté. En effet, les cochons d’Inde peuvent être sujets à l’obésité, ce qui peut entraîner des problèmes métaboliques. La consommation de granulés ne permet pas non plus une mastication efficace pour l’usure des dents.
Les granulés ne peuvent en aucun cas remplacer le foin. Pour les adultes, il est recommandé de peser les granulés et de ne donner que 2-3 % du poids du cochon d’Inde par jour.
Les mélanges de graines ne sont pas conseillés car souvent les cochons d’Inde vont choisir les graines les plus grasses et délaisser les autres.
Afin de garantir une bonne santé de votre compagnon, n’oubliez pas non plus de changer régulièrement la litière, de changer l’eau quotidiennement, de retirer les aliments non consommés.
Enfin pour son bien-être, n’oubliez pas que ces recommandations s’appliquent au pluriel ! Le cochon d’Inde ne s’épanouira qu’en présence de congénères, c’est une espèce grégaire. Demandez conseil à votre vétérinaire.
Pour les kids :
Sais-tu que les cochons d’Inde ont 12 vocalises différentes décrites : gloussement, ronronnement, bruit, sifflement long, couinement, cri, piaillement, gargouillement, grondement, claquement de dents, gémissement. Sauras-tu les reconnaître et les imiter ?
Site internet à consulter pour varier l’apport en légumes et fruits :
Liste des fruits et légumes pour le cochon d'Inde
16/05/2022 - Actualités générales
La fin de vie de nos compagnons de route Par Amandine Clément, Docteur Vétérinaire, pour ChezmonvetoPour les propriétaires, la mort implique la perte, l’absence et donc le manque de leurs animaux de compagnie. C’est un deuil à part entière, un processus humain fragilisant mais normal dont les vétérinaires sont souvent les premiers témoins mais aussi les premiers interlocuteurs.Choisir le métier de vétérinaire, c’est être guidé par son amour pour les animaux, suivre une formation de sept années d’études post Baccalauréat a minima pour apprendre à diagnostiquer des maladies puis les traiter afin d’améliorer voire sauver des vies ! Choisir cette vocation c’est embrasser un métier aux multiples facettes et... se retrouver nez à nez avec l’évidence de la mort. La mort de nombreux « cœurs avec du poil autour » comme l’a si bien dit Brigitte Bardot.❖ Mort versus décèsD’après la définition du Larousse, la mort est « la cessation complète et définitive de la vie d'un être humain, d'un animal ». Ses synonymes sont : décès, disparition, fin, trépas (littéraire).A ce sujet, vous est-il déjà arrivé d’être mal à l’aise ou éprouvé par la lecture du mot « mort » dans un texte ? Et bien sachez que, d’après l’encyclopédie libre Wikipédia : « Dans une rédaction encyclopédique, il vaut mieux parler de la « mort » de quelqu’un que de son « décès » car « mort » est le mot ordinaire qui s’applique à tout ce qui vit tandis que « décès » est un terme euphémisant, signifiant à l’origine départ, et qui est défini comme « mort d’une personne ». Le mot « décès » n’est applicable qu’à l’Homme, il est employé dans le langage juridique, médical, administratif et en économie politique. Ainsi, tant dans la littérature que dans de nombreuses expressions, c’est le substantif « mort » et le verbe « mourir » qui sont utilisés, que ce soit pour les êtres humains, les animaux, les choses ou les idées. »❖ Parler de la mortLa relation à la mort est intime, personnelle. Il est souvent délicat d’aborder ce thème en famille, entre amis, avec des enfants car l’idée de la mort réveille des émotions, elle nous rappelle notre condition de mortel(le)s et elle nous questionne : est-ce judicieux d’en parler maintenant... ou plus tard ? La fiction est l’une des clés qui permet de libérer la parole, à tout moment de la vie. Ainsi, la lecture de livres ou le visionnage de films (adaptés à la sensibilité et à l’âge du public) peuvent inciter au dialogue.Quand elle se présente, la fin de vie d’un animal est une période intense qui tisse des relations proches entre les propriétaires d’un animal et l’équipe vétérinaire. Cet espace-temps ne connaît pas de début à proprement parler, il a toutefois bien une fin et il a toutes les raisons d’être vécu avec les familles, en équipe, soudés par un dialogue constructif. N’hésitez pas à questionner votre équipe vétérinaire qui peut, durant la maladie, avant la mort, prendre le temps de vous expliquer les options funéraires pour votre animal.❖ Porter le deuilIl fut un temps où l’on « portait le deuil », c’est-à-dire que l’on montrait, par des signes extérieurs, vestimentaires ou autres, que l’on était en deuil. Cette tradition disparait et, pourtant, il peut être salvateur de communiquer sur sa tristesse. Par exemple, nombre de personnalités ont montré qu’il est possible de témoigner de son chagrin aux yeux du monde et de rendre hommage à son ami, un confident à part entière (La famille Obama & leur chien BO, Christophe Dechavanne & son chien Hello, Orlando Bloom & son chien Mighty, Julien Courbet & sa chienne Véga, Mathieu (L’amour est dans le pré) & son chien Kiwi, et bien d’autres !)Il est aussi possible d’accompagner la fin de vie en invoquant la joie comme le fait Sandra Meunier auprès des personnes (https://sandrameunier.com/) ou comme l’a fait cet homme, passionné de randonnées en montagne, qui a installé son chien en phase terminale dans une brouette afin de lui offrir une dernière sortie ensemble (https://positivr.fr/ascension-montagne-avec-chien-fin-de-vie/). Question curieuse : Savez-vous d’où vient l’expression « la vie ne tient qu’à un fil » ?Il semble que cela remonte à la mythologie. En effet, en Grèce, comme à Rome, la vie et la mort des humains, représentés par un fil, étaient entre les mains de trois déesses appelées les Moires. Les grecs pensaient que le destin de chaque homme était fixé à l’avance. A l’origine, Moira exécutait la volonté divine, mais elle avait tant à faire qu’elle finit par se diviser en trois Moires. A la naissance de chaque être humain, Clotho fabrique un fil. En débobinant ce fil, Lachesis suit le déroulement de la vie. Atropos donne la mort en le coupant. Les romains les appelleront les trois Parques. (Extrait du livre Mythologies – encyclopédie junior des éditions Fleurus)Pour les Kids : Le sais-tu ?- Pour te souvenir de ton ami, petit à petit avec le sourire, certains rituels peuvent t’aider : planter un arbre ou une plante de ton choix, décorer sa tombe (statuette, totem, autre(s)), faire un objet qui le représente à tes yeux (poterie, bracelet, vitrail, porte-clés, etc.), créer un album photo et raconter son histoire en poème ou en chanson, imprimer sa photo sur un support original (photo 3D, poster, tasse à café par exemple), poster une photo commentée en son hommage sur l’espace « In Memoriam » d’Anima Care, etc. As-tu une autre envie ? (https://anima-care.fr/in_memoriam/)- Avant une inhumation (enterrement) dans un jardin, il est préférable de placer le corps des petits animaux de compagnie dans un cercueil ou un linceul écologiques. Il faut donc éviter les matières qui polluent, comme le plastique. Par exemple, la marque française NIDOO propose des solutions écoresponsables et poétiques : https://nidoo.eu/Pour en savoir plus- Le site internet et le podcast qui parlent de la mort sans tabou, par Sarah Dumont : Happy End (https://www.happyend.life/type/happy-end/)- Liste non exhaustive de livres pour évoquer le deuil avec les enfants : « Le jardin d’Evan » de Brian Lies, « Le chien de Max et Lili est mort » de Dominique de Saint Mars, « Le petit rien d’Augustin » de Béatrice Gernot et Clothilde Delacroix, la bande dessinée « Sacha et Gribouille » d’Anaïs Caux, vétérinaire, qui explique la fin de vie de l’animal aux enfants de 2 à 7 ans et qui propose des conseils aux parents, etc.- Page Facebook Anima Care pour toujours : Facebook live édition spéciale « Tout savoir sur les options funéraires » du 12 avril 2021.- Les conseils & actus (articles et podcasts) du site Esthima, pompes funèbres animalières : https://www.esthima.fr/conseils-actualitesRéférences1. Dossier « La fin de vie en pratique vétérinaire » paru dans le n°418 du Point vétérinaire, Juin 20212. Sites internet cités dans cette fiche conseil
05/04/2022 - Conseils du vétérinaire
Comment prendre bien soin de votre... tortue des Steppes ! Par Lauriane Devaux, Docteur Vétérinaire, pour ChezmonvetoLa tortue des steppes, ou Testudo horsfieldi, est une proche parente de notre tortue d’Hermann nationale. Les spécimens sauvages vivent dans les steppes d’Asie centrale (de la Russie à la Chine). En France, on la trouve assez facilement en animalerie et est vendue, à tort ou à raison, comme « tortue de jardin ». Pourtant, cet animal s’adapte assez mal à un climat autre que son climat naturel ce qui peut favoriser le développement de certaines maladies et une mort prématurée. Lorsque vous adoptez une tortue, une consultation chez votre vétérinaire NAC (1) est donc indispensable pour refaire le point sur son entretien, plus complexe que celui des animaux domestiques classiques.❖ Comportement et environnementLes tortues des steppes sont plutôt solitaires mais il est possible de faire cohabiter des femelles sans trop de problèmes. En revanche, la tortue mâle, en période de reproduction est souvent très insistante voire agressive avec les femelles, il est donc conseillé de séparer les sexes lorsqu’ils sont connus. De même, on évite la cohabitation entre des tortues d’espèces différentes, notamment avec la tortue d’Hermann, afin d’éviter l’hybridation.La tortue des steppes est confrontée dans la nature à des climats extrêmes : très chaud en été, très froid en hiver et globalement sec. Cela en fait une espèce peu adaptée à la vie en extérieur en France métropolitaine. Ainsi, pour les individus juvéniles et pour les adultes en dehors de la saison estivale, une vie en terrarium dont les paramètres de milieu sont contrôlés est nécessaire. Pour un individu seul, un terrarium d’un minimum d’1,20 cm de long est recommandé et d’au moins 20-30 cm de haut. Les tortues sont habituées à franchir les obstacles, ainsi la présence d’un grillage, a minima au-dessus du terrarium est conseillé pour éviter les fugues. Le sol du terrarium peut être d’un substrat (tourbe, fibres de coco...) et doit être équipé d’au moins une cachette à l’extrémité non éclairée du terrarium et d’un point d’eau (gamelle plate). La nourriture sera plutôt distribuée dans une gamelle afin d’éviter l’ingestion de substrat. A l’autre extrémité du terrarium, doivent être installées une lampe chauffante et une lampe UV à environ 30 cm du sol du terrarium, de manière à obtenir une température de 30-35°C au point chaud. La température peut être contrôlée automatiquement avec un thermostat. Dans l’idéal, le terrarium doit être équipé d’un thermomètre au point froid (entre 23 et 25°C), et d’un autre au point chaud. En dehors de la période d’hibernation, le rythme d’éclairage doit être de 10 à 12h de jour pour 12 à 14h de nuit. La photopériode est progressivement réduite à l’automne pour enclencher le processus d’hibernation sur les individus assez âgés (>3 ans). La nuit la température peut descendre à 20-23°C. L’hygrométrie doit être maintenue entre 30 et 55% chez les adultes. Chez les juvéniles, elle peut être un peu plus élevée pour garantir une croissance correcte.Si la météo le permet, elle peut vivre dans un enclos extérieur sécurisé pour éviter les fugues. Ce sont de bonnes fouisseuses et elles peuvent passer facilement sous un grillage. Il peut donc être nécessaire d’enterrer les barrières assez profondément, voire de bétonner le fond de l’enclos. De même, il est préférable d’avoir des clôtures suffisamment hautes pour ne pas être escaladées. L’enclos doit être installé dans un endroit chaud et sec, avec une végétation rase pour ne pas garder l’humidité et des arbustes, buissons, pierres et buses pour offrir des abris. Il est aussi possible d’installer une mini serre ou « solarium » au Soleil pour avoir un endroit plus chaud et plus sec que le reste de l’enclos si la tortue en a besoin. Enfin, un point d’eau et une surface propre pour poser les aliments (pierre plate, gamelle) doivent aussi être mis à disposition.❖ Particularités physiologiquesLa tortue des steppes a une espérance de vie de 40 à 60 ans et mesure entre 15 à 25 cm à l’âge adulte, les femelles étant plus grosses que les mâles. C’est une tortue principalement herbivore, qui peut inclure des éléments carnés lorsqu’elle se balade dans le jardin (petits mollusques notamment). La ration doit être suffisamment riche en calcium pour garantir une croissance harmonieuse et la solidité de la carapace. Une complémentation est d’ailleurs recommandée chez les juvéniles. Des végétaux frais tels que l’endive, les fanes de radis, la chicorée, les blettes, le céleri branche, les feuilles de betteraves/ronces/brocolis, ainsi que le plantin, le pissenlit et le trèfle peuvent être proposés.❖ Médecine préventiveIl n’y a pas de vaccin chez les reptiles, en revanche une visite annuelle avant chaque mise à l’hibernation est recommandée pour un bilan de santé et une vermifugation. Une visite peut aussi être nécessaire à la sortie d’hibernation.❖ Reproduction La tortue des steppes est mature sexuellement à 10 ans en moyenne. La période de reproduction court entre mars et avril. A partir de mai-juin, les femelles entrent en ponte et peuvent avoir 2 à 4 pontes éloignées d’une vingtaine de jours avec une moyenne de 4 œufs à chaque épisode (entre 3 et 9 œufs).La durée d’incubation varie entre 60 et 100 jours.Question curieuse : Qu’est-ce que l’hibernation ?L’hibernation est une période de dormance pendant laquelle le métabolisme de la tortue est au plus bas. C’est un mécanisme d’adaptation qui lui permet de passer une saison qui n’est pas propice à sa survie : trop peu ou pas de nourriture, températures extrêmes, hygrométrie inadaptée... Ainsi, en fonction de leur région d’origine, certaines tortues vont hiberner en hiver, ou estiver en été et d’autres espèces n’auront pas besoin de ce repos saisonnier.Pour les Kids : Le sais-tu ?- Pendant l’hibernation, les signes vitaux de la tortue sont au plus bas. Son cœur bat au rythme d’un battement par minute seulement !- La tortue femelle peut pondre des œufs même en l’absence d’un mâle. Lorsque la femelle a été en contact avec un mâle, elle peut conserver ses spermatozoïdes pendant 3 à 5 ans et donc pondre des œufs fécondés qui donneront naissance à des petites tortues.- La tortue des steppes est une bonne fouisseuse, elle peut creuser jusqu’à 1 m de profondeur pour éviter un obstacle ou pour trouver un lieu où hiberner.Pour en savoir plusParmi les nombreux sites internet qui évoquent nos amies à carapace, nous vous recommandons le site NAC-Info : https://nacinfo.wordpress.com/(1) L’acronyme NAC (Nouveaux Animaux de Compagnie) regroupe des petits mammifères, des reptiles, des poissons, des oiseaux, etc.RéférencesDIVERS SJ, STAHL SJ. Reptiles and Amphibian Medicine and Surgery. 3rd ed. Saunders WB. 2019
16/03/2022 - Conseils du vétérinaire
Quelques notions en reproduction des carnivores domestiques Par Amandine Clément, Docteur Vétérinaire, pour ChezmonvetoUn animal de compagnie représente une grande responsabilité et un engagement pour la vie. Aussi, il ne devrait être acquis ou adopté que sous condition d’une bonne connaissance de ses caractéristiques et de ses besoins.Depuis 2015, les animaux sont reconnus par le code civil comme êtres sensibles et l’idée de l’animal-objet doit être proscrite. Ainsi, toute personne impliquée dans la reproduction de ces espèces doit avoir conscience de ses devoirs vis-à-vis des nouvelles vies animales engendrées.❖ RéglementationEn octobre 2015, le gouvernement a publié une ordonnance(1) qui a modifié la définition de l’élevage et les conditions de vente des carnivores domestiques. Aussi, depuis le 1er janvier 2016, le commerce de ces animaux est régi par des mesures strictes, visant à garantir leur bien-être, à responsabiliser les éleveurs (dont les particuliers), à limiter les achats compulsifs et les abandons. Ces derniers sont considérés par le code pénal comme un acte de cruauté, au même titre que la maltraitance animale.Ainsi, toute personne qui possède une chienne ou une chatte qui fait une portée, et dont au moins un chiot ou un chaton est cédé à titre onéreux, est désormais obligé de se déclarer éleveur, numéro de SIREN faisant foi. Cette disposition ne concerne par la cession gratuite dont la mention doit être précisée sur l’annonce.L’élevage est une activité chronophage qui implique de la surveillance et des frais à ne pas négliger !❖ Quelques notions de physiologie chez le chien et le chatChez le chien, la femelle pubère a une activité sexuelle deux fois par an, en moyenne (sauf pour certaines races chez lesquelles les chaleurs ont lieu une fois par an). Le mâle, lui, est actif toute l’année dès sa puberté ! Il est capable de percevoir la présence d’une chienne en chaleurs jusqu’à plusieurs kilomètres à la ronde, d’où un risque élevé de fugue. Des pertes de sang et un gonflement vulvaire sont les signes principaux qui marquent le début des chaleurs (pro-œstrus d’une durée moyenne de 9 jours). Ces signaux sont très attractifs pour les mâles, pourtant, la chienne refuse l’accouplement. Puis, l’ovulation a lieu pendant l’œstrus, classiquement entre le 8ème et le 12ème jour après le début des chaleurs (grosso modo lorsque les pertes vulvaires se tarissent). L’accouplement peut alors avoir lieu durant cette période fertile, sous réserve qu’il n’y ait aucun frein comportemental ou physiologique. Raisonnablement, la mise à la reproduction est conseillée à partir de l’âge de 2 ans et il est préférable de ne pas dépasser l’âge de 6 ans (à adapter en fonction de la race).Les chattes entrent généralement en chaleur au printemps, jusqu’à l'automne. Les manifestations peuvent durer de quelques jours à quelques semaines, en moyenne 10 à 15 jours. Habituellement, le premier cycle de chaleurs est observé vers l'âge de six mois, cependant certaines peuvent les avoir dès quatre mois. Un nouveau cycle apparaît après deux ou trois semaines. L’ovulation est déclenchée par l’accouplement.❖ Favoriser la reproductionPour favoriser la reproduction des chiennes et des chattes, voici plusieurs conseils, à compléter avec ceux de votre vétérinaire, en lien avec la race de votre animal :- S'assurer que les vaccins sont à jour et les anticiper afin d’assurer la transmission d’un taux d’anticorps correct aux petits via le lait- Respecter un protocole de vermifugation avec des produits prescrits par le vétérinaire (au moment de la saillie, quinze jours avant la mise bas puis tous les quinze jours avec les petits)- Si possible, organiser des rencontres préliminaires entre le chien et la chienne afin de tester leur « compatibilité d’humeur » puis présenter la femelle au mâle lors de la période fertile et observer, de préférence, deux saillies à 48 heures d’intervalle- Contrôler la qualité et la quantité de l’alimentation : un aliment de type “croissance” doit être distribué dès la moitié de la gestation et jusqu'à la fin de l'allaitement- Un suivi médical régulier de votre animal par le vétérinaire traitant est recommandé (gynécologie, andrologie et obstétrique)Question curieuseCertains propriétaires pensent qu’il est préférable que leur chienne (ou chatte) ait une portée ou que leur chien s'accouple au moins une fois dans leur vie. Le Pr Alain Fontbonne, spécialiste en reproduction animale à l'EnvA, évoque certains stéréotypes ou clichés sur ce sujet. Pour les Kids : Le sais-tu ?Lors de l’accouplement, les chiens peuvent rester « coincés » par le train arrière durant 15 minutes en moyenne. Il s’agit de la phase du « nouage ».Pour en savoir plus- Site du ministère de l’économie, des finances et de la relance : https://www.economie.gouv.fr/dgccrf/Publications/Vie-pratique/Fiches-pratiques/Animal-de-compagnie- [Pour les professionnels - Site internet & vidéos] Centre dédié à l’élevage, la reproduction et la pédiatrie canine et féline à l’École Nationale Vétérinaire de Toulouse : https://www.neocare.pro/. (1) Ordonnance n° 2015-1243 du 7/10/2015 relative au commerce et à la protection des animaux de compagnie parue au JORF du 8/10/2015.Références1. Lachapèle D. La Semaine Vétérinaire - Supplément ASV n°96, février 2016. Dossier « Elevage et ventedes animaux de compagnie : la réglementation change ! »2. Fiches « Nos conseils en reproduction des Animaux de compagnie » du Centre Hospitalier UniversitaireVétérinaire Oniris Nantes - https://chuv.oniris-nantes.fr/accueil/fiches-conseils/3. Sites internet cités dans cette fiche conseils