Par Marie RONZE, Docteur Vétérinaire, pour Chezmonveto
Longtemps considéré comme un animal « facile », le lapin domestique est en réalité un compagnon sensible, intelligent et exigeant. Bien comprendre ses besoins est essentiel pour préserver sa santé et lui offrir une vie longue et équilibrée.
❖ Une alimentation adaptée : la base de sa santé
Le lapin est un herbivore strict, ainsi son système digestif est adapté à ce mode d’alimentation. De plus, le lapin a des dents à croissance continue, qui doivent s’user naturellement grâce à une alimentation riche en fibres. Ces particularités digestives et dentaires expliquent la plupart des problèmes de santé du lapin, d’où l’importance d’une alimentation adaptée.
Le foin constitue l’aliment principal : il doit être disponible en permanence et à volonté, propre et de bonne qualité. Il joue un double rôle :
- Maintien du transit intestinal : les fibres stimulent la motricité digestive et préviennent la stase gastro-intestinale, affection fréquente et grave chez le lapin.
- Usure des dents : la mastication prolongée du foin permet une usure physiologique des dents et limite les malocclusions dentaires.
Un lapin qui consomme peu de foin s’expose à des troubles digestifs graves et à des problèmes dentaires douloureux qui nécessitent une intervention vétérinaire.
Les aliments frais complètent l’alimentation quotidienne. La verdure fraîche (herbe) complète le foin. Concernant les légumes, on peut en apporter quotidiennement, en quantité raisonnable et adaptée au poids de l’animal. Ils apportent eau, micronutriments et variété alimentaire. Cependant, ils ne peuvent à eux seuls couvrir les besoins du lapin.
Nous conseillons de privilégier les légumes à feuilles vertes comme les fanes de carottes ou radis, la salade, les endives. Les fruits sont à donner en petite quantité, comme des friandises, une à deux fois par semaine.
Une introduction trop rapide de nouveaux aliments ou des aliments inadaptés peuvent provoquer diarrhée ou déséquilibre de la flore intestinale.
Les granulés peuvent être proposés en petite quantité, pour compléter la ration, mais ils ne doivent pas remplacer le foin. Ils doivent être distribués en deux prises quotidiennes. Ils peuvent être mélangés au foin ou placés dans des jouets d’occupation type balles distributrices. La quantité moyenne de granulés est de 20 g/kg/jour.
Certains aliments sont à éviter : pain, biscuits, céréales, pommes de terre, sucreries ou restes de table qui peuvent provoquer de graves troubles digestifs. Le laurier-rose et l’if ont une toxicité reconnue.
❖ Un habitat spacieux et sécurisé
Contrairement aux idées reçues, le lapin ne doit pas vivre exclusivement en cage. Il a besoin d’un espace de vie suffisamment grand pour se déplacer, courir, sauter et explorer. C’est un animal très curieux et intelligent qui apprend facilement à utiliser une litière.
Son environnement doit comporter :
une zone de repos confortable,
une litière propre,
des cachettes pour se sentir en sécurité,
des objets à ronger,
du foin à volonté.
Un espace sécurisé est indispensable : les lapins adorent grignoter câbles électriques, plantes ou objets dangereux. Il est donc intéressant d’aménager un enclos en intérieur et/ou en extérieur.
L’enclos extérieur doit être sécurisé contre les prédateurs et disposer d’une zone abritée isolée des courants d’air et des intempéries, le lapin y étant très sensible.
La qualité et l’entretien du sol et de la litière sont indispensables pour éviter les pododermatites.
❖ Des besoins comportementaux importants
Le lapin est un animal social et curieux. Il a besoin d’interactions régulières, que ce soit avec ses humains ou, idéalement, avec un congénère compatible. Deux mâles adultes peuvent parfois se battre. Ainsi, un duo de lapins du sexe opposé reste l’idéal, en ayant bien évidemment stérilisé au moins l’un des deux.
Il apprécie les moments de liberté, les jeux et la stimulation mentale. L’ennui peut entraîner stress et problèmes de santé, destruction ou troubles du comportement.
Respecter son rythme est essentiel : le lapin n’aime pas être porté de manière brusque et peut se montrer craintif s’il ne se sent pas en confiance.
❖ Un suivi vétérinaire indispensable
Le lapin est un animal fragile qui masque souvent les signes de maladie. Une perte d’appétit, un arrêt des crottes ou un changement de comportement doivent toujours être pris au sérieux.
Un suivi vétérinaire régulier permet :
- de vérifier l’état des dents,
- de contrôler le poids,
- de mettre en place les vaccinations recommandées, qui protègent contre des maladies potentiellement mortelles,
- de discuter de la stérilisation ou de la castration : chez la femelle, la stérilisation est fortement recommandée, sans quoi elle risque de développer des tumeurs utérines. Chez le mâle, la castration permet de réduire certains comportements indésirables (marquage urinaire, destruction, cohabitation compliquée, …)
❖ Un engagement sur le long terme
Un lapin peut vivre 8 à 15 ans, parfois davantage. Adopter un lapin implique donc un engagement durable, du temps et un budget adapté.
Avec un environnement et une alimentation adaptés, le lapin devient un compagnon affectueux et attachant.
L’équipe vétérinaire reste à votre disposition pour vous conseiller et vous accompagner à chaque étape de sa vie.
Pour les kids :
Le lapin n’est pas une peluche : c’est un animal sensible qui a besoin de calme, de respect et d’attention.
1. Je parle doucement
Les lapins ont une ouïe très développée. Les cris et les gestes brusques leur font peur. Je m’approche doucement et je parle calmement.
2. Je ne le porte pas sans un adulte
Un lapin peut se débattre et se blesser gravement en tombant. Je demande toujours à un adulte de m’aider pour le porter correctement.
3. Je respecte ses moments tranquilles
S’il se cache ou s’éloigne, cela veut dire qu’il a besoin de repos. Je ne le force jamais à jouer.
4. Je l’aide à rester en bonne santé
Je vérifie chaque jour avec mes parents :
- qu’il mange bien son foin,
- qu’il a de l’eau fraîche,
- qu’il fait des crottes normales.
Si quelque chose change, on en parle rapidement à un vétérinaire
01/07/2024 - Conseils du vétérinaire
L’euthanasiePar Audrey Herve, Docteur Vétérinaire, pour ChezmonvetoL’espérance de vie moyenne de nos animaux est bien inférieure à celle des humains, tous les propriétaires sont ou seront confrontés à leur décès. C’est une épreuve douloureuse à traverser qui peut s’avérer encore plus difficile quand il faut prendre la décision de le faire euthanasier.L’euthanasie est un acte médical vétérinaire indolore destiné à abréger la vie d’un animal présentant une pathologie physique ou mentale à l’origine de souffrances pour lui-même et son entourage.Chaque euthanasie est unique et justifiée par de nombreux facteurs dont le choix appartient au propriétaire de l’animal mais l’évaluation de la nécessité d’un tel acte dépend de l’appréciation du vétérinaire qui a le droit de refuser s’il juge cet acte inapproprié ou que d’autres solutions accessibles sont applicables.❖ Quand prendre la décision ?C’est une décision extrêmement difficile à envisager mais qui est pratiquée uniquement pour éviter de trop grandes souffrances physiques et morales à l’animal. C’est donc paradoxalement un dernier acte d’amour pour votre compagnon.Voici quelques questions dont une ou plusieurs réponses positives méritent d’en discuter avec votre famille et votre vétérinaire :• Votre animal souffre-t-il ? Est-ce que sa vie quotidienne est impactée ? (Mange-t-il ? se déplace-t-il seul ? est ce qu’il se soulage sous lui ? est ce qu’il gémit ?)• Votre animal est-il atteint d’une maladie incurable sans rémission possible avec un traitement lourd, un épuisement, de fortes douleurs ?• Votre animal est-il dangereux, agressif, parfois incontrôlable ? Avez-vous consulté un comportementaliste ? A-t-il déjà eu des traitements ou une thérapie comportementale sans succès ?❖ Comment se déroule une euthanasie ?Le propriétaire peut, au regard de ses émotions, assister à toute ou une partie de la procédure ou ne pas rester. C’est une démarche personnelle, personne ne vous jugera.L’acte en lui-même se compose de 2 temps :• La première injection par voie veineuse ou intramusculaire vise, via l’injection d’anesthésiants, à plonger votre animal dans un coma artificiel afin qu’il perde conscience et qu’il ne ressente plus aucune douleur.• La deuxième injection vise à arrêter la fonction cardiaque puis respiratoire via l’injection d’anesthésiants puissants par voie veineuse ou intra cardiaque selon la situation.Votre animal ne sentira absolument rien, c’est une anesthésie de plus en plus profonde qui arrêtera ses fonctions vitales pendant son sommeil.Les yeux de votre animal resteront ouverts pendant et après l’acte, c’est normal chez nos animaux. Il pourra aussi faire une ou plusieurs grandes inspirations. Plus rarement, il peut également subir une crise épileptiforme pendant la phase d’endormissement (réaction des anesthésiants sur le système nerveux central) mais il est déjà endormi et inconscient. Et enfin, pas systématiquement, des petits tremblements musculaires peuvent persister quelques minutes après le décès.❖ Que faire de son corps ?• L’enterrer dans mon jardin :Il est dorénavant interdit d’enterrer soi-même un animal et ce même dans son jardin. Vous devez confier la dépouille de votre animal de compagnie à un vétérinaire dans les 48h maximum pour qu’il se charge de le faire incinérer dans un crematorium animalier ou contacter directement le crematorium près de chez vous.Se débarrasser de la dépouille d’un animal peut être puni d’une amende de 3750€.• Le faire incinérer dans des crematoriums dédiés avec 2 options :Collective : votre animal est incinéré avec d’autres animaux de compagnie et les cendres sont enfouies dans un site spécialisé où il vous sera possible de vous recueillir.Individuelle : plus onéreuse, votre chien est incinéré seul, vous pouvez si vous le désirez, fixer le RDV pour y assister et récupérer ses cendres dans une urne que vous aurez pu choisir.Quand les cendres ne sont pas récupérées, elles sont dispersées dans le parc du crématorium ouvert au public pour permettre le recueillement.• Inhumer son chien dans un cimetière animalier :Bien qu’il n’y en ait pas partout, ce service funéraire se développe, vous aurez une place pour les cendres ou le corps de votre compagnon à la manière d’un cimetière humain. Il existe aussi des cimetières virtuels où vous pourrez rendre hommage et déposer les souvenirs de votre compagnon.Pour les kids : mon compagnon est en fin de vie, que se passe-t-il ?Les parents sont parfois maladroits et, même s’ils sont grands, ils ont du mal à expliquer à leurs enfants ce qui arrive à leur animal et les décisions qu'ils sont obligés de prendre quand ton animal est en fin de vie. N'hésite pas à leur poser des questions, à eux ou au vétérinaire, pour comprendre leurs choix.En fait, ils ont pris la décision, avec le vétérinaire, de cesser en douceur les souffrances de ton ami malade.C'est normal qu'il parte, c'est le cycle de la vie et on a la possibilité qu'il subisse dignement cette étape.Le vétérinaire va lui faire des injections qui vont arrêter les battements de son cœur sans aucune souffrance. C'est ça une euthanasie.Si tu le souhaites vraiment, que tu en éprouves le besoin, tu peux demander à tes parents d'accompagner ton ami pendant l'acte ou de voir le corps après. Tu as le droit d'y assister mais si tu le veux uniquement. Rien ne te force.Ta tristesse est légitime comme celle de tes parents. Tu peux l'exprimer librement mais rappelle-toi la chance que vous avez eue, toi et ton ami, de partager de si bons moments.Sourceshttps://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F33426#:~:text=Vous%20pouvez%20confier%20la%20d%C3%A9pouille,48%20heures%20suivant%20le%20d%C3%A9c%C3%A8s.Pour en savoir plusQuelques livres sur le deuil animalier :- Au Revoir Blaireau, Susan Varley, à partir de 6 ans- Le deuil D’Olivia, Martine Latulippe, Nathalie et Catherine Parent, à partir de 3 ans- Sacha et Gribouille, Anaïs Caux, de 2 à 7 ans- Son odeur après la pluie, Cedric Sapin-Defour- Mon chat Mon chien va partir, Dr Frantz Coppé
10/06/2024 - Actualités générales
Les maladies dentaires du lapin, vous connaissez ?Par Lauriane Devaux, Docteur Vétérinaire, pour ChezmonvetoLes maladies dentaires du lapin peuvent se développer à tout âge et sur n’importe quel individu. Pourtant, il existe de nombreux facteurs qui vont favoriser l’apparition de certaines de ces maladies et toucher préférentiellement certaines catégories de population.Tout d’abord, il est nécessaire de faire la différence entre les maladies d’origine congénitales et les maladies acquises. Dans le premier cas les problèmes dentaires font suite à une mauvaise conformation de la mâchoire ou de la qualité de la dent et touchent des individus plutôt jeunes (<1 an). Les maladies acquises se développe plutôt chez des individus d’âge moyen, entre 3 et 4 ans environ, et font suite à des anomalies chroniques dans l’entretien du lapin, et notamment à une alimentation inadaptée.❖ Un petit point sur la bouche du lapinLe lapin est un animal hypsodonte, c’est-à-dire qui possède des dents avec une grande couronne dentaire et qui poussent en continue tout au long de la vie de l’animal. Le lapin est donc forcé d’user ses dents tout au long de sa vie pour que ce phénomène s’équilibre. L’usure régulière des dents est essentiellement permise par la mastication de fibres alimentaires avec des mouvements en rotation des mâchoires. L’alimentation joue donc un rôle central lorsqu’il s’agit de la santé des dents du lapin.Une alimentation pauvre en fibre va privilégier des mouvements masticatoires du haut vers le bas à l’origine d’une surpression sur les racines dentaires favorisant des anomalies de la pousse (déviation, agénésie, régression du bourgeon dentaire…) voire des infections des racines (infection simple, abcès, nécrose…).Sur chaque hémi-mâchoire supérieure, le lapin possède deux incisives (la principale et une petite vestigiale derrière), pas de canine (l’espace vide laissé par cette absence sur la mâchoire est appelé diastème), trois prémolaires et trois molaires. Sur chaque hémi-mâchoire inférieure, le lapin possède une incisive, pas de canine, deux prémolaires et trois molaires. Sur les races naines, chez qui le chanfrein est plus ou moins court, certaines de ces dents peuvent être atrophiées ou mal positionnées car la bouche est trop petite. De même, chez ces races, le prognathisme (mâchoires inférieures plus en avant que la supérieure et défaut d’affrontement des incisives) est une anomalie plus fréquente que chez les races au chanfrein plus long.❖ La malocclusion des incisives, maladie congénitale ou acquise ?La maladie dentaire congénitale la plus fréquente est la malocclusion des incisives secondaire à un prognathisme plus ou moins prononcé. Elle est à l’origine d’une élongation anormale des incisives avec les incisives supérieurs qui « bouclent » vers l’intérieur de la bouche et les inférieures qui partent vers l’avant ou remontent devant le nez. Ce mauvais positionnement empêche l’animal de se nourrir correctement. La malocclusion congénitale se développe dans les premiers mois de vie de l’animal et n’est pas toujours décelée à l’adoption.Lorsque la malocclusion se développe au-delà de 1 an, elle est en général plutôt acquise : à la suite d’un traumatisme unique (chute) ou répété (mâchonnements compulsif des barreaux de la cage par exemple), d’une fracture d’une ou plusieurs incisives, suite à une élongation anormale des molaires qui entraine l’ouverture de l’angle d’occlusion et à terme entraine un défaut d’affrontement.❖ La malocclusion des molaires, une histoire de nourriture mais pas que !La malocclusion des molaires est une maladie acquise. L’origine communément admise pour cette maladie est, comme indiqué plus haut, un défaut d’usure des dents lié à un manque de fibres dans la ration alimentaire. Une autre hypothèse évoque une carence chronique en calcium et/ou en vitamine D qui serait à l’origine d’une fragilisation des zones d’insertion des dents et une dégénérescence des racines dentaires.Ces différents facteurs entrainent une déviation progressive de la pousse des dents et la création de pointes dentaires qui peuvent, à terme, blesser la langue ou les joues et créer des ulcères. Cela favorise également les infections dentaires pouvant aller jusqu’à l’abcès voire jusqu’à l’infection osseuse.❖ Traitement et pronostic des maladies dentairesConcernant la malocclusion des incisives, le traitement d’urgence consiste à limer les dents sous anesthésie flash avec une lime rotative pour permettre à l’animal de remanger correctement. En revanche, la coupe des dents à la pince est à proscrire puisqu’elle fragilise un peu plus l’insertion des dents et augmente le risque de fractures dentaires. A court terme, l’extraction chirurgicale des incisives est conseillée car la malocclusion tend rapidement à s’aggraver et la fréquence des limages à augmenter (toutes les 3 à 6 semaines en moyenne).Pour une malocclusion des molaires, la prise en charge est différente puisqu’elle touche le plus souvent l’ensemble de la denture. Le traitement de choix est un limage dentaire sous anesthésie à répéter plus ou moins fréquemment en fonction de la gravité des lésions. Occasionnellement, une extraction dentaire peut être indiquée en cas d’infection d’une racine dentaire.❖ Que faire en prévention ?Pour les maladies congénitales, à part lutter contre la sélection des hypertypes dans les élevages, il n’y a pas de solution préventive. Dans le cas des maladies acquises, la prévention passe par une alimentation adaptée : foin à volonté, accès limité aux granulés, légumes verts fibreux quotidiennement. De plus une ration équilibrée en calcium et un accès à une source d’UV (contact direct au Soleil, lampe UV) peuvent être conseillés pour renforcer l’insertion des racines dentaires.Question curieuse : Sans ses incisives, mon lapin peut-il encore manger ?Oui ! Les incisives servent principalement à cueillir l’herbe. Même sans incisives le lapin pourra attraper sa nourriture avec ses lèvres et sa langue. Certains lapins peuvent avoir besoin qu’on leur coupe leur nourriture en petits morceaux pour les aider à manger, mais, dans la plupart des cas, les lapins opérés sont capables de remanger seuls juste après l’intervention.Pour les Kids : Le sais-tu ?- Les dents du lapin peuvent parfois changer de couleur en fonction de ce qu’il mange sans que ce soit considéré comme une maladie- Les incisives du lapin poussent en moyenne de 1cm par mois et les molaires environ de 6 à 8 mm par mois.RéférencesCROSSLEY DA. Clinical aspects of lagomorph dental anatomy : the rabbit (Oryctolagus cuniculus). J Vet Dent.1995 ;12 :137-140.JEKL V, HAUPTMAN K, KNOTEK Z. Quantitative and qualitative assessments of intraoral lesions in 180 small herbivorous mammals. Vet Rec. 2008 ;162 :442-449
06/05/2024 - Conseils du vétérinaire
Dois-je faire castrer mon chien ?Par Audrey Hervey, Docteur Vétérinaire, pour ChezmonvetoCastrer un chien c’est le priver de sa capacité à se reproduire, la castration peut être faite à partir de l’âge de 6 mois en fonction de sa race.❖ Pourquoi le faire castrer ?Avant tout pour qu’il n’ait pas des chiots et donc lutter contre les abandons et le trafic d’animaux.- Pour des raisons médicales : Certains chiens ont leurs testicules qui ne sont pas descendues vers l’âge de 6 mois, c’est sans doute une cryptorchidie, un dysfonctionnement héréditaire qui touche 1 à 10 % des chiens mâles. Ces chiens ne doivent pas se reproduire et le testicule resté à l’intérieur peut entrainer des soucis en vieillissant, il faut donc les castrer.- Pour prévenir ou traiter les pathologies testiculaires ou prostatiques liées aux hormones (cancer), les abcès et tumeurs des glandes anales.- Pour des raisons comportementales : Une libido exacerbée (le chien excité qui se frotte à votre jambe ou sur les coussins), du marquage urinaire (des petits jets d’urine répétés à l’intérieur et à l’extérieur), de l’agressivité envers les autres chiens mâles, des fugues, du vagabondage, des hurlements… La probabilité d’atténuer ou supprimer ce type de comportement est plus élevé s’il est castré à un jeune âge.Attention : Les problèmes de hiérarchie homme/chien ne seront pas résolus avec la castration, seul l’éducation comportementale du chien et de son propriétaire y parviendra.- Pour des raisons légales : Les chiens de 1ère catégorie non inscrit au LOF ( Pitt-Bull, American Staff, Boerbull, Tosa) doivent obligatoirement être castré avant l’âge de 1 an.❖ Les techniques- Ablation des testicules : Chirurgie réalisée sous anesthésie générale et accompagnée d’antidouleurs pendant et après l’intervention. Une collerette est conseillée, des promenades en laisse sans course ni saut jusqu’au retrait des fils pendant 10-15j.- Implants contraceptifs sous cutanés : produisent une infertilité temporaire et réversible, les effets s’estompent après quelques mois.- Vasectomie : section des conduits qui acheminent le sperme jusqu’aux testicules, n’aura malheureusement aucun effet sur les comportements sexuels et est donc peu pratiquée.❖ Les prothèses testiculairesLes implants testiculaires en silicone existent en particulier chez les chiens et surtout aux Etats Unis. Ces implants ont été créés car certains maîtres vivaient mal la castration de leur chien et non pour redonner confiance à son animal comme a pu prétendre Kim Kardashian lors de la chirurgie de son Boxer. Un marché juteux pour les fabriquants.Les prothèses testiculaires sont mises en place par le vétérinaire mais uniquement lorsque la santé de l’animal les justifie. C’est une intervention uniquement esthétique qui n’apportera rien au bien être de votre compagnon et l’empêchera de participer à un examen de confirmation ou concours de beauté.Pour les kidsTu peux aider ton animal à minimiser les effets secondaires de la castration.La castration n’affectera pas ta relation avec ton chien, ce sera toujours ton meilleur ami, toutefois, les hormones sexuelles atténuent la sensation de faim. Donc, en général, ton toutou aura son appétit augmenté alors que ses besoins énergétiques seront diminués de 20%.Il faut absolument veiller à lui donner une alimentation adaptée en quantité raisonnée et lui faire faire de l’exercice afin qu’il ne prenne pas trop de poids et reste en bonne santé tout au long de sa vie !On compte sur toi !Pour en savoir plusLes implants hormonaux : https://www.depecheveterinaire.com/le-point-sur-la-sterilisation-du-chien-male-et-l-utilisation-des-implants-de-desloreline_679A4B813263A061.htmlLes prothèses : https://www.lefigaro.fr/assurance/2012/05/30/05005-20120530ARTFIG00689-chiens-chats-les-operations-de-convenance-en-question.phpLa stérilisation du chien :https://fr.virbac.com/home/tout-sante-bien-etre/sterilisation-chien-male-et-mode-de-vie.htmlhttps://www.santevet.com/articles/faut-il-faire-castrer-son-chien-ou-son-chat
02/04/2024 - Conseils du vétérinaire
Mon rat a une masse sous la peau, qu’est-ce que c’est ?Par Lauriane Devaux, Docteur Vétérinaire, pour ChezmonvetoLes masses sous-cutanées du rat sont souvent d’origine tumorale (tumeur mammaire, lipome…), mais il peut aussi s’agir d’une hyperplasie du tissu mammaire ou encore d’un processus infectieux comme un abcès. Cet article s’intéresse aux tumeurs mammaires.❖ Les tumeurs mammaires du rat, qui est touché et pourquoi ?Les tumeurs mammaires chez le rat sont fréquemment rencontrées en clinique et se caractérisent par la croissance plus ou moins rapide d’une masse sous-cutanée pouvant se trouver presque n’importe où sur le corps de l’animal. En effet, la distribution du tissu mammaire étant très étendue sous la peau du rat, les tumeurs mammaires ne se localisent pas uniquement à proximité de la mamelle. Elles peuvent se déclarer autant chez le rat mâle que chez la femelle et atteindre une taille pouvant dépasser les 10 cm de diamètre. Chez la femelle, la fréquence des tumeurs mammaires est plus élevée chez les individus entiers que chez les stérilisés laissant sous-entendre le rôle des hormones sexuelles dans leur développement. Les tumeurs mammaires malignes représentent moins de 25% des tumeurs mammaires du rat.❖ Quels sont les symptômes observés lors de tumeurs mammaires ?Il s’agit en général d’une masse qui se développe sous la peau, plutôt lisse, sans modification de la peau en regard et non attachée aux plans musculaires plus profonds. Cependant, en fonction de la nature de la tumeur ou de sa localisation, sa surface peut être irrégulière, la peau peut être ulcérée et il peut parfois y avoir des sécrétions lactées. La masse peut être de taille très variable et il n’est pas rare qu’elle grossisse vite (en quelques semaines). Il est donc conseillé de consulter votre vétérinaire avant que la taille ne gêne les déplacements de votre rat ou que la masse n'atteigne des structures fragiles comme l’anus ou l’urètre, les empêchant alors de fonctionner normalement.❖ Comment diagnostiquer une tumeur mammaire ?Lorsqu’un rat présente une masse sous-cutanée, le vétérinaire peut proposer une ponction de la masse à l’aiguille fine et observer les cellules récupérées au microscope. Cela peut notamment permettre de faire la différence entre un abcès et une masse tumorale. Cependant, le traitement recommandé étant l’exérèse totale de la masse, cet examen n’est pas toujours réalisé en pratique.Lors de la suspicion d’un processus tumoral, un bilan d’extension radiographique à la recherche d’éventuelles métastases pulmonaires est recommandé.❖ Quel est le traitement possible ?Le traitement de choix est le retrait total de la tumeur. En fonction de la localisation et de la taille de la masse, la chirurgie peut être rapide et simple ou plus délicate. Par exemple, les masses localisées dans le bas ventre impliquent souvent une partie de l’urètre, du vagin et/ou de l’anus de l’animal et il est parfois difficile de retirer l’ensemble de la masse sans abîmer ces structures. Les sutures sont parfois très étendues et la plupart du temps les fils sont cachés dans la peau afin de limiter le risque que le rat ne ronge ses fils. Il peut arriver qu’une partie de la plaie ne puisse pas être refermée complètement, auquel cas un pansement est mis en place pour protéger les tissus et accélérer la cicatrisation par seconde intention.En raison de la forte prédisposition des femelles entières à développer des tumeurs mammaires, il est recommandé de faire stériliser la ratte lors du retrait de la masse, lorsque c’est possible.❖ Est-ce que c’est une maladie grave ?Après l’intervention, une analyse histologique de la masse est proposée afin de déterminer la nature de la masse : quel est le type de tumeur, est-elle bénigne ou maligne ? Cela permet d’affiner le pronostic et d’anticiper les récidives et de surveiller l’apparition d’éventuelles métastases.Lorsque la tumeur est bénigne, le pronostic est bon, mais sur un animal non stérilisé, d’autres tumeurs pourront potentiellement se développer ailleurs. Lorsque la tumeur est maligne, le pronostic est réservé à sombre en raison du risque de récidives et de métastases qui peuvent être à l’origine d’une dégradation de l’état général du rat voire de sa mort à court ou moyen terme.Question curieuse : Mon/ma rat/ratte est stérilisé(e) mais continue d’avoir des tumeurs mammaires, pourquoi ?Lors de récidives fréquentes des tumeurs mammaires bénignes chez un rat, et ce malgré la stérilisation, une tumeur d’une partie du cerveau, appelée l’hypophyse ou glande pituitaire, doit être suspectée. Cette glande est notamment responsable de la sécrétion d’une molécule appelée prolactine qui va activer le fonctionnement du tissu mammaire. Lorsqu’elle est tumorisée, cette glande va sécréter de la prolactine de manière anarchique et entrainer une croissance anormale du tissu mammaire favorisant le développement d’une tumeur. Ce phénomène est appelé « complexe prolactinome ». Cette tumeur du cerveau peut parfois être soignée, de manière temporaire, avec un médicament administré à vie. Mais il n’est pas toujours efficace et la tumeur est vouée à moyen terme à échapper au traitement. Le pronostic de cette maladie est globalement sombre à moyen terme.Pour les Kids : Le sais-tu ?- Les rats adorent grignoter tout ce qu’ils trouvent, et notamment les fils de suture ! Pour éviter qu’ils y touchent après l’opération, le vétérinaire peut les cacher dans la peau et il fabrique une mini-collerette sur mesure qu’il lui installe autour du cou le temps de la cicatrisation.- Les rats cicatrisent très rapidement, si la plaie reste ouverte et est maintenue au propre, en fonction de sa taille elle peut se refermer en seulement quelques jours !- Il est possible de stériliser les rats avec un petit implant que l’on installe sous la peau. Malheureusement, il n’est pas prouvé que cette technique permette de prévenir le développement des tumeurs mammaires.RéférencesQUESENBERRY KE, CARPENTER JW. Ferrets, Rabbits and Rodents Clinical Medicine and Surgery. 4th ed.Saunders WB. 2020 : 656pVERGNEAU-GROSSET C, KEEL MK, GOLDSMITH D, et al. Description of prevalence, histologic characteristics, concomitant abnormalities, and outcomes of mammary gland tumors in companion rats (Rattus norvegicus) : 100 cases (1990-2015). J Am Vet Med Assoc, 2016 ; 249(10):1170-1179
02/03/2024 - Conseils du vétérinaire
Le coryza du chatPar Audrey Hervey, Docteur Vétérinaire, pour Chezmonveto❖ C’est quoi le Coryza ?Le coryza est un terme général pour désigner en réalité un ensemble de signes cliniques respiratoires pouvant provenir de causes virales ou infectieuses :- Des virus : Herpes virus, Calicivirus et Réovirus- Des bactéries : Chlamydophila, Mycoplasma, BordetellaC’est une pathologie du chat très fréquente (90% des chats seront en contact dans leur vie avec un Herpesvirus, et 80% des chats en collectivité seront en contact avec un Calicivirus), contagieuse, transmissible uniquement entre chats. Il n’y a donc aucun risque pour les humains.❖ Quels sont les chats à risques ?- Les jeunes chatons de 2 à 12 semaines- Les chats vivant en groupe (chatterie, refuge, semi sauvages…)- Les chats porteurs d’une immunodéficience féline (FIV) ou d’une Leucose (FeLV)- Les chats ayant subi un stress (déménagement, changement de propriétaire, arrivé d’un nouveau chat à la maison…)❖ Quels sont les symptômes ?Le coryza se manifeste par des écoulements oculaires, nasaux, des conjonctivites, des éternuements, de la toux, de la fièvre parfois, et, selon l’agent infectieux (par exemple le calicivirus), des stomatites, des ulcères linguaux et buccaux, accompagnés d’hyper salivation.Si vous détenez plusieurs chats, dès le 1er signe, l’animal infecté doit être isolé. Il est préférable d’utiliser des vêtements et chaussures spécifiques pour aller le voir que vous retirez après sa visite et de vous laver les mains pour ne pas contaminer les autres chats de la maison.Les symptômes se déclarent en général 5 à 7j après la contamination.❖ Quand dois-je consulter ?Si votre chat ne souffre pas d’autres pathologie (ex : fiv, felv…), que les symptômes sont faibles (écoulements clairs, quelques éternuements) et qu’ils n’affectent pas l’état général de votre animal (s’il n’a pas de fièvre et qu’il continue de manger), ses symptômes régresseront le plus souvent dans les 7j, s'ils persistent au-delà, il conviendra de consulter son vétérinaire.En cas de symptômes plus importants, il faut consulter rapidement car le Coryza peut aussi entrainer la mort.Le diagnostic est avant tout clinique mais parfois il nécessitera un diagnostic plus précis par test PCR comme pour la covid humaine.❖ Quels sont les traitements ?Il n’existe actuellement aucun traitement permettant d’éliminer le virus chez le chat infecté, toutefois, en fonction des symptômes présentés il existe tout un arsenal thérapeutique allant des topiques oculaires lors de conjonctivite ou d’ulcères, des nébuliseurs pour fluidifier les sécrétions, des antibiotiques en cas d’atteinte de l’état général ou de secrétions purulentes, des traitements oraux complémentaires ( L-Lysine) pour éviter la multiplication du virus, et parfois en cas de récidive sur des cas graves d’herpes virus : des antiviraux ( interférons, zidovudine).Une hospitalisation sous perfusion et sous sondage naso gastrique est parfois nécessaire dans les cas graves.Le pronostic est bon mais un certain nombre de chats porteurs de l’herpès virus peuvent subir un remodelage de la cavité nasale qui détruit certaines structures et provoque des rhinites chroniques et invalidantes.Un chat guérit du Coryza peut rester porteur de la maladie pendant de longues années et être à nouveau contagieux suite à un stress, une mise à bas ou une maladie.❖ Comment puis-je éviter ce type de maladie ?Le meilleur moyen reste la vaccination. Comme les humains avec le vaccin contre la COVID, celui-ci n’empêche pas d’être infecté ou d’excréter mais il empêche les formes graves. Le vaccin agit contre les calicivirus, la rhinotracheite, et les chlamydias. Il s’effectue à partir de l’âge de 8 semaines en 2 injections espacées de 3 à 4 semaines. Un rappel est nécessaire chaque année.Nous pouvons véhiculer les agents pathogènes sur nos vêtements et nos chaussures, un chat d’intérieur peut donc se contaminer sans sortir, sans rencontrer d’autres chats. Pour les kids : Comment faire une inhalation à son chat à la maison ?Pour l’aider à respirer et à fluidifier les secrétions qui encombrent le nez de ton chat, comme toi quand tu es malade, les inhalations l’aideront. Selon les besoins, réalise des inhalations 1 à 2 fois par jour pendant 1 semaine.Tu auras besoin d’une bouilloire, d’un bol, d’un flacon spécifique d’huiles essentielles acheté chez ton vétérinaire, de la cage de transport de ton chat et d’une couverture épaisse.Enferme ton chat dans sa caisse de transport. Place le bol rempli d’eau chaude et de quelques gouttes d’huiles essentielles devant la porte de la cage (pas trop près de la porte afin qu’il ne puisse ni tremper ses pattes, ni le renverser). Et recouvre la cage, bol compris de la grosse couverture. Laisse le chat 10 min dans cette petite incubation puis défait ton montage. Il est préférable de nettoyer les yeux de ton chat ainsi que son museau ensuite afin qu’il n’ingurgite pas les résidus d’huiles essentielles et que çà n’irrite pas ses yeux.Pour en savoir plus Réaliser une inhalation https://www.youtube.com/watch?v=iNPLa6aT1YcRéférences- Maladies respiratoires du chien et du chat, Hernandez et Poncez (2012), p.401- Le coryza du chat https://www.fregis.com/fr-fr/chats/fiches-info-sante-des-chats/coryza-chez-le-chat